Le Grand Palais à l'ombre d'un fromager de Bamako

maliImoni ROMBA

 La curiosité est une belle qualité que seuls les plus humbles d’entre nous utilisent pour briser les barrières et faire trembler les murs les plus hauts. 

La curiosité est la face cachée de nos passions; la face cachée d’un amour pour la photo qui mena une jeune pousse de fromager de Bamako entre les pattes d’un oncle « bien obligé de lui céder un appareil photo », entre celles de Mountaga Dembele, de Pierre Garnier, puis à ancrer et étendre ses racines très loin de son point départ jusqu’à faire trembler dans un fracas on ne peut plus audible, les murs du Grand Palais de Paris ; ne manquant pas d’émerveiller le monde entier ! 

Plongée au coeur de l’exposition à Paris, le temps était comme suspendu. Ces photos, semblables à celles de nos parents que nous regardions toutes petites renforçaient le lien entre générations.  La femme à la main sur la joue me faisait penser aux images noir et blanc que j’ai pu voir de ma grand-mère, je me sentais si proche d’elle à cet instant. Je ne m’y connaissais pas en photo, mais au fond, les femmes sublimées par Keita, vêtues de Wax, de Bazin, portant leurs cheveux crépus, assises sur une Vespa, n’était-ce pas un peu nous, les africaines du 21 ème siècle? Le grand Palais s’est rafraichit à l’ombre d’un fromager de Bamako et ceux qui ont pu être là, ont emporté avec eux le souffle nouveau de la photographie africaine qui peu à peu renaît. Que la curiosité qui fit grandir Keita, s’empare des Africains de ce siècle, afin qu’ils sachent raconter avec les artistes l’histoire de générations entières, aux africains de demain et au reste du monde. 

 

 

Curiosity is a beautiful quality that only the most humbles among us use to break barriers and shake the highest walls.

Curiosity is the other side of our passions; curiosity was the hidden face of the love for photography that lead a young silk-cotton tree from Bamako into the hands of an uncle, « finally obliged to give him his camera » , into the hands of Mountaga Dembele, Pierre Garnier and then to spread and entrench its roots very far from its departure point, making the walls of Grand Palais of Paris shake in a sensational and loud crash; not failing to amaze the entire world! 

Taken deep into the heart of the exhibition in Paris, thetime seemed still, suspended. Those pictures similar to those of our parents, that we used to look at when we were kidsstrengthened the link between generations.The woman with her hand on her cheek, reminded me of my grand mother, I felt so closed to her at this very moment. I didn’t know a lot about African photography, but looking deeply at the pictures, I thought « weren't those women sublimated by Keita, with their Wax and Rich Bazin fabrics, wearing their natural hair, sitting on a Vespa, the new generation of African women that we represent today in the 21st Century? »

 The Grand Palais has refreshed itself in the shade of a silk-cotton tree from Bamako and those who were there, have brought with them the new wind of the African photography which is strongly reviving. May the curiosity that made Keita grow, seize the African of this century so that they know how to tell the history of many generations to the African of tomorrow and to the rest of the world , together with the artists. 

  

Par/By Imoni ROMBA  

Blogueuse personnelle/ Blog owner elykiawami.com

écrivain, artiste indépendante ayant participé aux 6èmes et 7èmes jeux de la Francophonie / young writer, independent artist, participated  at the 6th and 7th Francophonie Games.