Andrew Tshabangu, réussir c'est désobéir

South Africasebastien mbotComment
 Andrew Tshabangu est un photographe africain né en 1966 à Johannesburg, Afrique du Sud. Sa formation se fait en Institut pour l'avancement du journalisme en 1998 et au centre d'art Alexandra Community à Johannesburg.

Andrew Tshabangu est un photographe africain né en 1966 à Johannesburg, Afrique du Sud. Sa formation se fait en Institut pour l'avancement du journalisme en 1998 et au centre d'art Alexandra Community à Johannesburg.

 

Nous sommes amenés dans notre vie à faire des choix. Ses choix décident du chemin que sera notre vie. La famille, l'école et le monde du travail nous ont conduit là où nous sommes. Sommes-nous là où nous voulons être ? Si notre objectif est de laisser notre empreinte dans ce monde, devons-nous créer notre propre chemin ? La réponse d'Andrew Tshabangu est oui.

Je pensais que ça allait être facile. Une fois commencé, de nouveaux défis sont apparus.

Andrew Tshabangu  est un photographe sud-africain né en 1966 à Johannesburg en Afrique du Sud. Sa formation se fait en Institut pour l'avancement du journalisme en 1998 et au centre d'art Alexandra Community à Johannesburg. Tshabangu ne se destinait pas à la photographie. Il souhaitait faire des études d'art dramatique. La photographie devait lui permettre de compléter son dossier d'inscription. Je pensais que ça allait être facile. Une fois commencé, de nouveaux défis sont apparus. Au fur et à mesure de son apprentissage, Tshabangu se rend compte de l'ampleur de la tâche. Sa vision de la photographie contribue à la complexité de son art. Il n'abandonne pas pour autant.
 

Tshabangu adopte un style à mi-chemin entre le documentaire et la street-photographie. Au travers de ses œuvres, il traite des thématiques culturelles liées à son pays d'origine ou aux populations afro-caribéennes en Angleterre. Sa plus grande source d'inspiration reste son quotidien et ses "bons moments". Ses oeuvres ont été présentée à de nombreuses reprises à l'internationale depuis 1997 (Belgique, Allemagne, Mali, Pays-Bas, Kenya, USA). La plus marquante reste "City In transition" exposée en 2017 au Parc de la Villette lors des "Mois de la Photo du Grand Paris: Afriques Capital".  Les oeuvres de Tshabangu seront aussi présentes lors du mois de Mai 2018 durant la "Biennale de Dakar". Son travail a été récompensé par une place de finaliste au Daimler Chrysler photography award et par le prix Sasol Wax Award. Andrew Tshabangu nous invite à emprunter un chemin unique: le nôtre. 
Voyons ce qui défini la photographie africaine d'Andrew Tshabangu en trois points clés.  

Photojournalisme, une histoire

Je devais m'assurer que tout ce sur quoi je travaillais était une histoire passionnante.

Au début de sa carrière, Tshabangu apprend la photographie en autodidacte. Il commence dans la rue. Il continue dans une carrière de photo-journaliste. C'est peut être à partir de ce moment que son art devient une forme d'histoire. Je devais m'assurer que tout ce sur quoi je travaillais était une histoire passionnante. Obligé de prendre des clichés qu'il juge "négatif", il devient photographe indépendant. Son objectif ? Avoir la liberté de photographier ce qui n'apparaît pas dans les journaux: des moments de vie. Je devais m'assurer que tout ce sur quoi je travaillais était une histoire passionnante. Cette envie va à l'encontre de ce qui se faisait. Ce chemin, unique et plus difficile, le conduira vers la reconnaissance. 

Culture, nourriture de l'esprit

Alors j'ai commencé à les suivre pour savoir où ils allaient.

Ce qui intéresse Tshabangu ce sont les gens proches de lui. Son art se doit de suivre les personnes et leurs histoires. Cela passe par un intérêt tout particulier pour leur culture. Cet amour pour la culture n'est pas abstrait. Lors d'un séjour à Londres, il croise des religieux afro-caribéens. Alors j'ai commencé à les suivre pour savoir où ils allaient. Cette rencontre donnera naissance à de nouvelles oeuvres exposées par la galerie MOMO. Curieux, il s'intéressera à d'autres cultures qui ne sont pas la sienne. Il se prendra d'amour pour la "Divine Comédie" de Dante.  Cela donnera des oeuvres qualifiées de "surréaliste". À l'image de son début de carrière, Tshabangu n'a pas hésité à s'aventurer hors des sentiers battus.
C'est la clé de sa carrière.

Le calme du quotidien

Je ne me suis pas reconnu dans ces images, alors j'ai essayé de capturer des choses tranquilles.

Lorsque Tshabangu était photo-journaliste, il couvrait les événements violents. C'est peut être pour cela qu'il trouve aujourd'hui l'inspiration dans le calme du quotidien. Je ne me suis pas reconnu dans ces images, alors j'ai essayé de capturer des choses tranquilles. Cette période qu'il associe au média mainstream sera le déclencheur de son indépendance. Son art lui permettra de côtoyer d'autres quotidiens en voyageant. C'est de là que se nourrit ses oeuvres. Refusant le diktat imposé par les médias de l'époque, Tshabangu créera une voie nouvelle à laquelle il adhère. Ce chemin est aujourd'hui la raison de son succès.

 

Notre vie est parsemée de choix, des plus simples aux plus complexes. Parfois on nous les impose. La réalité est que nous pouvons toujours changer d'avis. La réussite n'est pas un oui, elle est un non. Nous pouvons refuser un travail sans éthique, un mode de vie ou le défaitisme. Nous pouvons refuser d'abandonner nos rêves. Il y aura des conséquences. Le chemin ne sera pas facile. Nous pouvons blâmer en vain nos familles, l'école, le gouvernement ou la société pour les choix que nous avons fait.
Ou nous pouvons en faire d'autres comme Andrew Tshabangu et en récolter les fruits.

 

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