David Uzochukwu, la liberté c'est de pouvoir être seul

Nigeria, autrichesebastien mbotComment
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Un prodige se définit comme une personne extraordinaire par ses dons, ses talents. Si un seul photographe de la nouvelle génération peut se targuer de ce titre, c'est bien David Uzochukwu. À une époque où tout est fait pour nous distraire, il prouve qu'il est possible de trouver son chemin très jeune. Rempli de volonté, d'une vision précise et d'une maturité rarement vu, l'art de ce prodige éblouit le monde. Son secret peut apparaître comme une faiblesse. Pourtant, c'est bien grâce à cela que sa renommée est mondiale aujourd'hui. Il se résume en quatre mots: seul, nous sommes libres

"[À l'âge de 12 ans] j'ai commencé à documenter tout autour de moi [...] mais le désir de documenter s'est transformé en désir de m'exprimer." - David Uzochukwu

David Uzochukwu  est un photographe africain né en 1998 à Innsbruck, Autriche.  D'origine austro-nigérianne, sa formation se fait en autodidacte au début de son adolescence. Dès l'âge de 15 ans, il est récompensé en 2014 par le prix de photographe de l'année par EyeEm parmi 10 000 autres photographes. Parmi les nombreuses autres récompenses dont il est dépositaire, il y a le prix Adobe Photoshop des moins de 25 ans.  Comme une signe du destin, le nom "Uzochukwu" au Nigéria signifie "La voie de Dieu".

David Uzochukwu a trouvé sa voie et la liberté qui va avec. Son parcours nous apprend à faire de même. Au travers de son style artistique, il aborde des thématiques sociales dont le racisme. Son oeuvre "LATE SUMMER STORM"  a été présentée en 2017 durant l'événement AKAA à Paris et il fera partie des artistes présents au Musée de la photographie de Saint-Louis au Sénégal en 2018. Aujourd'hui âgé de 20 ans, l'art de David Uzochukwu est avant indépendant et libre. Voyons comment l'un des photographes les plus doué de sa génération à trouver sa voie. Pour cela nous examinerons son style, son thème de prédilection et ses inspiration.

"Quand je fais un autoportrait [...] la création [est] plus facile. Je peux expérimenter et prendre des risques comme je veux".

L'auto-portrait comme style artistique

La nouvelle génération est épris de "selfie". Cette façon de se prendre en photo tout seul avec son téléphone. À l'image de cette génération, David Uzochukwu  a commencé par des auto-portraits. Le but ici n'était pas de satisfaire un désir narcissique. Loin de là. Son objectif était de ne pas avoir à "interagir" avec des modèles. Discuter avec des personnes qu'on ne connait pas ou leur demander de faire des choses dont on n'est pas sur est un facteur de stress. Quand je fais un autoportrait [...] la création [est] plus facile. Je peux expérimenter et prendre des risques autant que je veux. Le chemin de notre jeune prodige a commencé seul, avec ses idées et son corps comme outil. C'est ainsi que son art a pu murir. À l'abri des regards, il s'est libéré du poids des convenances sociales.

"Il y a évidemment aussi de mauvaises choses à ce sujet [réseaux sociaux] et j'ai moi-même une relation compliquée avec les médias sociaux - comme la plupart des gens."

Le social comme thème, en réseau et dans la vraie vie

Toujours à l'image de sa génération, notre jeune artiste navigue dans une société numérique. Les réseaux sociaux n'ont rien de nouveau. Collègues de travail, voisins ou paroissiens sont tous des organisations sociales. La nouveauté des réseaux en ligne est la rapidité et la densité des échanges. Ils accélèrent tout, bon comme mauvais. Les réseaux sociaux ont révélé David Uzochukwu mais comportent aussi une face sombre. Il y a évidemment aussi de mauvaises choses à ce sujet [réseaux sociaux] et j'ai moi-même une relation compliquée avec les médias sociaux - comme la plupart des gens. Si la vie en société est indispensable, nous avons aussi besoin de nous en couper. Éviter les influences extérieurs nous permet d'écouter notre voix intérieure.

"Je pense que certains environnements rendent la création plus facile, en offrant des lieux, des matériaux ou des esprits semblables."

L'environnement du quotidien comme source d'inspiration

David Uzochukwu a passé une bonne partie de sa jeune vie au Luxembourg. Sa photographie joue beaucoup avec l'environnement. Tantôt ses portraits se font dans une forêt. Parfois c'est dans une prairie brumeuse que l'inspiration lui vient. Je pense que certains environnements rendent la création plus facile, en offrant des lieux, des matériaux ou des esprits semblables. C'est dans son quotidien que lui vient l'étincelle. Par la suite, il griffonne, construit son concept et la narration qui entoure son œuvre. Le talent d'Uzochukwu s’approprie librement son environnement.

Pour la plupart d'entre nous, la solitude peut être rare ou effrayante. Pourtant elle nous apporte au moins une chose: la liberté. Avec la solitude nous sommes libres d'essayer des choses différentes et d'être nous même. Nous sommes loin du regard accusateur des autres. Nous nous réapproprions notre territoire. Trouver notre chemin implique une part de solitude. C'est peut être cela la véritable liberté.

 

 

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site web: http://www.daviduzochukwu.com/
sources:
https://metalmagazine.eu/en/post/interview/david-uzochukwu-standing-at-the-beginning-of-the-road
https://www.format.com/magazine/features/photography/david-uzochukwu

https://metalmagazine.eu/en/post/interview/david-uzochukwu-standing-at-the-beginning-of-the-road