DJIBRIL DRAME : ADDIS

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Pour la première série inédite de cette année présentée en exclusivité sur le site Moadiga, le photographe sénégalais Djibril Drame nous invite à Addis Abeba. L'artiste passionné et multidisciplinaire en a profité pour poser son objectif et nous faire découvrir la capitale éthiopienne à travers ses habitants.

Photographe de rue

La rue, ce terrain de jeu inépuisable pour les photographes, n'est pas inconnue de celui qu'on appelle également Gadaay. Il documente d'abord le graffiti par le biais de la photographie à Dakar. Graffeur à l'age de 15 ans, il se retrouve très vite derrière la caméra. Il commence à documenter cet art éphémère de plus en plus visible dans sa ville et intéresse la presse et les connaisseurs. En 2007, les photos du jeune homme alors âgé de 19 ans seront d'abord publiées  dans un livre Dakar Emoi,puis exposées internationalement depuis 2009. Sa première exposition solo "Ma Ville Colorée" en 2012 qui reprend ses images dédiées à la culture urbaine se tiendra à Fribourg.

Addis

À Addis, il participera à la quatrième édition du Festival International de la Photo d'Addis Abeba, créé en 2010 par la talentueuse photographe Aida Muluneh. Au passage, il en profite pour photographier les gens. À la manière de son compère new yorkais Jamel Shabazz qui documente l'essor la culture hip hop dans les années 80, le jeune homme de 29 ans lui aussi choisit d'abord de s'entretenir avec les personnes qu'il prendra en photo dans la rue. Et dans une ville comme Addis on trouve un grande densité de foule. Cette population est très présente dans les rues de la ville, où tout le monde travaille et s'active chaque jour à Bolé, le quartier proche de l'aéroport international. Lorsqu'il les sent plus à l'aise, il leur demande ensuite de prendre la pose. En tant que spectateur, on peut tout de suite ressentir une expérience positive entre le photographe et le photographié. Les regards et gestes de chaque habitant renvoient à des émotions naturelles capturées et retranscrites en noir et blanc. Ici le voyeurisme n'existera pas. Djibril souhaite donner à ces personnes parfois très démunies toute leur humanité. 

"Pour moi, le noir et blanc dégage une certaine émotion que les clichés en couleur [n'ont pas]."

En effet, cette serie nous présente un décor authentique et réaliste. Elle montre une population active et joviale.

C'est cette image positive de l'Afrique que Djibril Drame dépeind dans son art. Ces nouvelles plateformes ou artistes qui portent en elles une image positive du continent, Djibril s'en félicite, y participe activement, les encourage et les soutient :
"Je suis content de voir qu'il y a différentes plateforme promotionnant une image positive de l'homme noire et de l'Afrique. J'apprécie le travail de Kehinde Wiley, Diane Audrey et son site "Visiter l'Afrique" ou encore Moadiga."

Les valeurs

Respect, espoir, diversité, authenticité et positivité sont les thèmes des séries et oeuvres de cet autodidacte. N'est ce pas l'essence de la photographie de rue?

Ce sera à Sébastien de Moadiga de répondre :

"Le travail de Djibril se trouve déjà dans la lignée de Saidou Keita, Malik Sidibé, Viktor Omar Diop. Il porte sur ses épaules l'heritage de la photographie africaine. Son travail est déjà mature en studio et comme en extérieur."

L'inspiration de Djibril à Addis ne s'arrêtera pas là. Un court métrage, Gardienne, dédié au graffiti et au skateboard est prévu.

 

www.djibrildrame.com/

https://www.facebook.com/Gadaay/

https://www.instagram.com/gadaay

 

Sanaa Carats
REDACTRICE, fondatrice du magazine 33 Carats
www.33carats.com

Passionnée d'art et de voyages, Sanaa partage ses découvertes de créateurs originaux et avant gardistes.