Kiripi Katembo, apprendre à aimer sa terre natale

Congosebastien mbotComment
  Kiripi Katembo , né le 20 juin 1979 à Goma et décédé le 5 août 2015 à Kinshasa, est un réalisateur, photographe et producteur congolais connu pour ses photographies documentent la vie quotidienne de Kinshasa.

Kiripi Katembo, né le 20 juin 1979 à Goma et décédé le 5 août 2015 à Kinshasa, est un réalisateur, photographe et producteur congolais connu pour ses photographies documentent la vie quotidienne de Kinshasa.

 

Souviens-toi, souviens-toi toujours, que nous tous, toi et moi en particulier, descendons des immigrants et des révolutionnaires. Cette phrase de Franklin D. Roosevelt nous rappelle nos origines d'immigrés ou enfants d'immigrés. Parisiens, bretons, auvergnats, corses ou africains, nous avons tous une relation particulière avec notre terre d'origine. Il est parfois difficile d'aimer là d'où l'on vient. Pourtant, il est de notre devoir d'aimer notre terre natale. Cette mission est celle qui aura guidé la courte vie de Kiripi Katembo.

Photographe africain, Katembo nait en 1979 à Goma, République démocratique du Congo, et meurt le 5 août 2015 à Kinshasa à seulement 36 ans. Sa formation se fait en études à l'Académie des beaux-arts de Kinshasa. Peintre et réalisateur également, il sera récompensé à de multiples reprises pour des films -dont une nomination aux oscars- . Impliqué dans le développement culturel, il sera à l'origine de nombreux projets. Je le rencontrai en 2015 quelques jours avant son décès brutal.
De cette rencontre naîtra la galerie Moadiga.

"La photographie permet aussi de voir au-delà de la réflexion en ouvrant une fenêtre poétique sur un autre monde, le monde dans lequel je vis. "

De tous les photographies africains, Kiripi Katembo est celui qui aura le plus porté l'amour de sa terre natale. Son style photographique tient de la street-photographie et aborde les thèmes sociaux. Son art s'inspire du quotidien à l'image de son oeuvre "Evolution, 2011". Cette dernière a été présentée en 2015 durant l'événement "«Beauté Congo, Congo Kitoko» à la fondation Cartier. Les oeuvres de Katembo sont présentées régulièrement à l'internationale. Elle ont été présentées récemment à la foire d'art contemporain 1:54 à Marrakech en Février 2018. Son travail a été récompensé en 2012 par une résidence d'artiste à la fondation sud-Africaine Thamgidi  et en 2011 par le prix de la Fondation Blachère. Une fondation à son nom a aussi vu le jour: la Kiripi Katembo Foundation. Dans la suite de cet article, nous allons voir en trois points comment Kiripi Katembo porte l'amour de sa terre natale.

La photographie de rue comme visage

"Ce que j'essaye de capturer avec mon appareil photo, en utilisant ces espaces urbains comme ma toile, c'est de trouver un moyen de communiquer avec le public."

Katembo utilise la photographie de rue pour peindre les images de sa ville. C'est son style de prédilection. Peintre de formation, il utilise son environnement urbain. Ce que j'essaye de capturer avec mon appareil photo, en utilisant ces espaces urbains comme ma toile, c'est de trouver un moyen de communiquer avec le public. Katembo montre la terre qui l'a vu naître sans fioritures mais avec poésie. Pour réaliser cet équilibre, il utilisera les reflets de flaque d'eau. À l'image d'un amant, il accepte les imperfections de sa terre natale et les sublime avec amour. 

Le social comme corps

"J'essaie de transmettre un message à travers une réalité qui existe déjà."

En plus de l'aspect  poétique, Katembo accepte la réalité sociale de sa terre natale. Cette réalité n'est pas idéale. Chaque région a ses problèmes. Conflits sociaux ou mal-gouvernance, Katembo n'oublie rien des maux qui minent la terre qui l'a vu naître. Au travers de ses films, de ses peintures et de la photographie, son art tente de changer les choses. L'acceptation de la réalité n'est pas un renoncement pour Kiripi. J'essaie de transmettre un message à travers une réalité qui existe déjà. Ce message est clair: nous devons faire quelque chose pour ce qui nous tient à coeur. 

Le quotidien au coeur de l'inspiration

"Mon inspiration vient de l'échange que j'ai avec le monde[...].
C'est cette vie quotidienne qui m'inspire [...]"

Au travers de sa photographie inspirée du quotidien, Katembo nous montre son environnement. S'il cite comme modèle des peintres contemporains dont Jean-Michel Basquiat, c'est bien sa terre natale qui nourrit son âme d'artiste. Mon inspiration vient de l'échange que j'ai avec le monde[...]. C'est cette vie quotidienne qui m'inspire [...]. Kiripi a passé la majorité de sa vie au Congo. Si son talent est d'avoir eu un regard nouveau, on ne peut oublier le matériau initiale de son art.   Les rues et ses habitants de la ville qui l'a vu naître. C'est en appréciant chaque détail, imperfection comme vertu, qu'on peut parler d'amour. 

Katembo était quelqu'un que j'ai connu. Durant les rares instants que nous avons passé ensemble, j'y ai vu un artiste qui avait traversé l'océan pour montrer l'amour de sa patrie. Un amour innocent, réaliste et sans limites. Son art m'a permis de me réconcilier avec ma terre natale. L'amour, c'est accepté l'autre, mais aussi son pays, tel qu'il est. Cela ne veut pas dire abandonner tout changement, bien au contraire. L'amour va de l'avant sans oublier le pire comme le meilleur. De la même façon que Kiripi, nous pouvons voir le meilleur dans notre terre natale et apporter notre regard pour la rendre encore meilleure.

 

L'article vous a plu ?  Inscrivez vous gratuitement à notre guide en ligne de la photographie africaine en cliquant ICI.

#RdCongo #Kiripi Katembo #moadiga #photographieafricaine
RdCongo,KiripiKatembo,moadiga,photographieafricaine
site web:https://kiripikatembofoundation.blog
source principale:
 https://kiripikatembofoundation.blog/kiripi-life/
http://www.afriqueinvisu.org/un-regard-une-poesie-brutale-a,538.html

https://kiripikatembofoundation.blog/kiripi-life/